Palais de Mari, de Morton Feldman, par Ronnie Lynn Patterson, piano

Samedi 13 octobre, Cloître de la Cité des Arts 22h30 – 23h30  Piano dans la nuit      Palais de Mari, de Morton Feldman, par Ronnie Lynn Patterson, piano Haizebegi crée des conditions d’écoute exceptionnelles pour cette œuvre rarement jouée que Morton Feldman composa en 1986, un an avant sa mort. Ronnie Lynn Patterson a été le premier à enregistrer Palais de Mari, en 2001 (L’Empreinte Digitale – Harmonia Mundi). Grâce au Conservatoire à Rayonnement Régional, le piano de concert sera installé dans le cloîte de la Cité des Arts, des tapis et des chaises longues seront disposés dans les galeries du cloître, des couvertures pourront être achetées ou empruntées  – Chocolat chaud offert par Pascal. https://www.youtube.com/watch?v=zt-fOfboYfg Dans les années 1970, Feldman revient à un système de notation traditionnel et accorde alors de plus en plus d’attention au monde métrique, réfléchissant au nombre de pulsations à l’intérieur de chaque mesure et au choix de l’unité de base de cette pulsation – une double croche, une croche, une noire… Ce travail d’orfèvre sur la structuration du temps musical confère à sa musique une dimension plastique que l’on ressent aisément dans Palais de Mari (1986) pour piano. Cette œuvre commanditée par Bunita Marcus qui était une élève de Feldman, est dédiée au peintre italien Francesco Clemente. Elle a été créée à New-York le 20 novembre 1986 dans l’atelier du peintre par Bunita Marcus elle-même. L’année suivante, Feldman quittait ce monde, emporté par un cancer foudroyant. Palais de Mari est ainsi la dernière pièce pour piano solo qu’il composa. Le titre fait référence à l’un des plus vieux vestiges de l’humanité : le palais impérial bâti à Mari – actuellement en Syrie – il y a plus de 20 siècles avant notre ère sur l’une des principales voies de commerce du Proche-Orient, au carrefour des trois continents que sont l’Asie, l’Europe et l’Afrique[1]. Feldman ne l’avait pas visité mais avait pu le contempler à travers des photographies exposées au musée du Louvre. Il remarqua ainsi que certains des motifs qui ornaient le palais de Mari présentaient une forme de symétrie imparfaite, aspect qui le fascinait déjà depuis plusieurs années et dont il avait pris pleinement conscience en s’intéressant à la tapisserie orientale. « Les tapis m’ont donné des idées dans la musique que j’ai composée récemment pour concevoir une symétrie disproportionnée, dans laquelle une série rythmique symétriquement chancelante est utilisée […] comme point de départ » (François-Xavier Péron, cf. les Cahiers scientifiques du Livre du Festival).