Des Ethnologues en terrain artistique : notes sur la création de Pascal Combi et Mixel Etxekopar,

Mercredi 10 octobre, Cité des Arts

20h – 20h30  Des Ethnologues sur le terrain artistique : notes sur la création de Pascal Combi et Mixel Etxekopar, par Claudia Llamas et Camille Riverti, ethnologues, EHESS, en partenariat avec l’Ethnopôle basque, l’Institut Culturel Basque, la DRAC Nouvelle Aquitaine et l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS, site de Bayonne)

Fabriquer une œuvre collective

Parti d’une initiative de la DRAC Nouvelle Aquitaine, construit par l’Ethnopôle basque, ce projet bifide, à la fois artistique et scientifique, nourrit une double ambition : des artistes du Limousin et du Pays Basque travailleraient ensemble à la création d’un spectacle conçu à partir d’un premier moteur de création que sont les textes écrits en langue basque, en occitan, en français, et qui mêlerait musique, chant, poésie et théâtre ; en même temps, des ethnologues de l’EHESS assisteraient aux sessions, suivraient les étapes de cette création et proposeraient des comptes rendus d’expérience dont les artistes se serviraient ensuite comme d’un second moteur de création.

Dans la diagonale qui relie la Soule au Limousin, une dream team constituée d’artistes hors-normes se construisit rapidement – Mixel Etxekopar, Bernard Combi, Maika Etxekopar, Hélène Jacquelot, Pierre Vissler et Nicole Lougarot – chacun travaillant dans sa langue pour interroger des problématiques communes : l’attachement au territoire et à la terre, le lien à une langue mère fragilisée, minorisée… C’est dans l’œuvre de deux figures canoniques de les littératures respectives que les musiciens puisèrent leur inspiration : les textes occitans de Marcelle Delpastre et les textes basques d’Itxaro Borda. De quoi interroger le lien entre patrimoine culturel et création contemporaine. De quoi refuser aussi la condition ancillaire d’un statut d’artiste « local », pour montrer que toute création a à dire à chacun et transcende le local, à condition qu’elle y puise sa pertinence.

C’est ici que Claudia Llamas et Camille Riverti, deux anthropologues de l’EHESS, apportent leur expertise sur la façon dont le projet se construit, dont les bifurcations sont prises, dont le rapport aux langues s’instaure, dont deux langues menacées nourrissent une création contemporaine absolument inédite.

Leur apport est précieux ici. Car elles se portent en témoins du processus créatif, elles l’analysent, le dotent d’une intelligibilité singulière. Leur texte anthropologique, plus technique, est publié ci-après, dans le cahier des textes scientifiques. Pour le moment, voici leur Carnet de Terrain, puisque c’est en ethnologue qu’elles ont travaillé, et qu’elles ont relevé d’abord ce qui leur a paru observable. Car le travail de l’ethnologue sur son terrain d’observation a ceci en commun avec le travail de l’historien plongé dans ses archives, qu’il commence par le geste de mettre à part.