Workshop du Groupe de Recherche International « Musique, Immigration, Aménagement urbain » (CNRS)

Vendredi 5 octobre 2018, Cité des Arts

9h30 -17h

Workshop du Groupe de Recherche International « Musique, Immigration, Aménagement urbain »

Au mois de janvier 2018, l’Agglomération Pays Basque, le CNRS et l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) ont signé une convention de partenariat permettant la création à Bayonne d’un Groupe de Recherche International (GDRI) dont les travaux portent sur le rôle de la musique devient, dans certaines formes de gestion des migrations, des outils du développement urbain. Intitulé Musique, Immigration, Aménagement urbain dans les Métropoles internationales [MIAMI], ce groupe de recherche est hébergé au sein de la Cité des Arts. Le Groupe de Recherche International [MIAMI] est formé d’établissements de recherche qui sont des établissements de référence dans ce domaine, aussi bien en Europe qu’en Amérique. Chaque partenaire est un leader national et mondial dans les études qui portent sur la musique du point de vue des sciences sociales : Amsterdam Institute for Social Science Research (Université d’Amsterdam, Prof. Robert Kloosterman), Center for École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), World Music (Hildesheim, Prof. Raimund Vogels), albaKULTUR (Dr. Birgit Elinghaus), The University of Chicago (Department of Music, Prof. Philip Bohlman), The King’s College, London University (Department of Music, Prof. Martin Stokes), Museu de la Música de Barcelona (Prof. Jaume Ayats), Euskal Herriko Unibertsitatea, Departamento de Filosofía de los Valores y Antropología Social (Saint Sébastien, Dr. Aitzpea Leizaola)

En partenariat avec le festival Haizebegi, le GDRI organise un workshop ouvert au public sur la question du lien entre la construction d’équipements culturels et l’intégration sociale des personnes issues de la migration dans les métropoles internationales.

Le projet [MIAMI] est consacré à l’étude des processus politiques qui tiennent ensemble la fabrication d’un « son de la ville » et les politiques d’urbanisme liées aux migrations des populations : d’un côté, des lieux dédiés (salles de concert, philharmonies) et des lieux conquis sur des friches industrielles ou sur des espaces publics ; de l’autre, des politiques qui durcissent les formes de communautarisme (Chicago, Rio de Janeiro, Londres, Istanbul) ou qui, au contraire, tentent de faire de la musique un instrument pour dissoudre ces communautarismes (Amsterdam, Hanovre, la Ruhr, Paris, Barcelone, Berlin, Saint- Sébastien). [MIAMI] élabore une approche pragmatiste qui n’est pas sans lien avec l’histoire de ce courant, pour construire un lien entre la musique et la ville. Au principe de cette démarche : l’impossible clôture des événements musicaux sur eux-mêmes et la nécessité de les étudier dans leur forme relationnelle. La musique est mise en relation. Dès lors, une analyse des vocabulaires musicaux, des styles ou des répertoires ne fait pas à elle seule une explication : il faut étudier la musique dans sa dimension sociale.

La fabrication d’occasions de musique mobilise en effet la collaboration de décideurs politiques, de conseillers, artistes, opérateurs culturels et « publics cibles » pour fabriquer ce monde multiculturel qui est la réalité de nos mégapoles. À partir de ce principe, le projet [MIAMI] analyse les forces qui se déploient dans nos cités pour faire de la diversité musicale un outil qui permette la construction d’un monde en partage, et qui contribue à structurer à la fois nos espaces urbains et nos liens sociaux.

L’hypothèse qui guide notre projet est que ces politiques urbaines ne sont pas un décalque de la diversité du monde à l’heure de la globalisation : les musiques du monde fabriquent la diversité du monde, elles constituent le monde comme divers. La musique est donc un outil de production de l’altérité, elle est un outil de représentation de l’immigration.

C’est ce qui explique qu’elle soit devenu un enjeu important des politiques culturelles et urbaines partout dans le monde. Citons quelques cas qui seront évoqués lors de cette journée : le Forum des Cultures à Barcelone, l’exemple de Chicago, le District culturel du Lapa à Rio de Janeiro, l’usine de tabac Tabakalera à Saint-Sébastien, la transformation de la centrale électrique Silahtarağa d’Istanbul en cluster culturel Santralistanbul, les clusters culturels (Barcelone, Bilbao, Nantes et ses Folles Journées qui prennent appui le projet ECCE en partenariat avec Aachen, Angers, Eindhoven, Huddersfield, Rennes, Utrecht) dans lesquels les musiques du monde sont pensées comme un vecteur d’intégration sociale…

Ces cas seront évoqués au long de cette journée. En chaque occasion, la musique se trouve au centre de nouvelles narrations de l’histoire urbaine et de nouvelles représentations spatiales des entités locales. Elle est ainsi associée à la construction d’entités urbaines de vicariance, ancrées dans le monde par contrainte démographique, et elle participe des thématiques qu’ont à affronter nos cités : comment construire un lien social fort, comment réduire les inégalités tout en misant sur la construction d’une société plurielle ? Et comment faire de l’hétérogénéité un puissant moteur d’intégration sociale ?