Lectures croisées du Centre Georg Simmel

Le Centre Georg Simmel

Issu du Centre de recherches interdisciplinaires sur l’Allemagne (CRIA) fondé en 2001 par l’historien Michael Werner, le Centre Georg Simmel est une unité mixte de recherche EHESS – CNRS (UMR 8131) basée à Paris et dirigée aujourd’hui par l’historien du droit Rainer Maria Kiesow, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Son siège est au 54 boulevard Raspail dans le 6e arrondissement. Le Centre Georg Simmel comprend 115 membres, dont 65 doctorants préparant une thèse à l’EHESS.

A partir de différentes disciplines – histoire, sociologie, anthropologie, droit, philosophie, études littéraires et germaniques, musicologie – ses chercheurs explorent un ensemble de questions et de problématiques qui, en référence au chercheur hétérodoxe que fut Georg Simmel (1858-1918), prennent à bras le corps le défi de penser un monde en transformation, à travers ses manifestations les plus caractéristiques. Cette exigence amène à positionner les recherches franco-allemandes qui furent au principe de sa fondation dans une approche européenne désormais, mais aussi à les nourrir des débats méthodologiques et théoriques propres aux différentes disciplines en présence.

Structuré de façon interdisciplinaire, chacun de ces axes couvre un domaine pour lequel le Centre Georg Simmel a acquis une visibilité transnationale.

Pluralité des langues et recherche en Sciences humaines et sociales

Au début de l’année 2015, le Centre Georg Simmel a initié une réflexion sur la question de l’usage des langues. Ce programme réunit la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH, Paris), la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG, Bonn) et la Villa Vigoni (Italie). Il questionne la pluralité des langues historiques et interroge le fait de savoir si cette pluralité constitue un frein ou, au contraire, un facteur positif pour le développement des sciences humaines et sociales, pour la recherche elle-même, pour l’enseignement et pour la création ou le renforcement d’une communauté scientifique internationale. La question est posée à partir du constat de la prédominance d’une lingua franca mondiale dans les échanges scientifiques, l’anglais, ou plutôt un anglais banalisé, international, qui a peu à voir avec les subtilités de la langue telle qu’elle est pratiquée dans les pays de culture anglophone. Quel rôle la différence des langues joue-t-elle dans le travail, l’enseignement et la communication ? Porté par Falk Bretschneider et Rainer Maria Kiesow, ce programme enquête sur l’expérience, sur ce qui a lieu réellement, ce que fait un chercheur qui se trouve confronté à cette donnée incontournable : nous ne pensons, ne parlons et n’écrivons pas tous dans la même langue quand nous travaillons. Chaque langue véhicule une culture. En même temps, nous sommes sans cesse confrontés à d’autres langues, que ce soit dans les objets que nous étudions, dans les échanges scientifiques que nous menons ou dans nos lectures.

Cet axe de travail du Centre Georg Simmel a permis l’ouverture d’une collaboration importante avec l’Institut Culturel Basque qui a abouti à la création de l’Ethnopôle basque (EHESS-EKE) en 2017. Associée aux autres axes qui font la spécialité du centre, cette collaboration a permis de construire les quatre piliers de cet ethnopôle basque que sont : La réflexion sur la question institutionnelle et de gouvernance ; La question patrimoniale ; L’aide à la création ; Traitement documentaire et valorisation dans un cadre plurilinguistique.

Par ailleurs, cette spécificité a permis d’ouvrir l’axe de travail intitulé « La Création en acte » à des problématiques qui structurent l’antenne de Bayonne, notamment autour du Groupe de Recherche International [MIAMI] hébergé à la Cité des Arts.

La journée est consacrée à des débats épistémologiques sur la façon de fabriquer les sciences sociales aujourd’hui. Quelques textes scientifiques publiés par les chercheurs du centre seront commentés par des chercheurs issus d’une discipline différente, puis discutés par l’ensemble des chercheurs présents. L’idée est de questionner de façon exigeante la possibilité de construire un horizon commun de la production de la pensée scientifique en sciences sociales.